Les routes poussiéreuses de ma sénescence, encombrées de souvenirs hypostasiés sous le fardeau tutélaire d'un avenir aux encorbellements postfactuels, déroulent lascivement leurs imprévisibles rubans au-delà de mes horizons évanouis, réclamant une impossible libération à l'ère des autonomies illusoires.
Tant de longues journées s'écoulent ainsi, à ramper sous l'égide écrasante de l'astre effondré, aux luminosités blêmes et rougeoyantes, en suivant machinalement le rythme indolent d'une jouvence plastique alambiquée d'innombrables casuistiques, de logomachies suintantes du sang de toute ces vérités sacrifiées sur l'autel des anciens dieux, lugubre panthéon dont les insoupçonnés abysses ternissent davantage la pénombre crépusculaire d'une époque égarée sur les rails tordus d'un paradigme mensonger.
Pourtant, au détour d'une montagne d'immondices, je la retrouve, fidèle Caïssa, oasis inépuisable, resplendissant de ses possibilités infinies, joyau scintillant déployant encore son obscène luxuriance lumineuse dans le désert ténébreux de nos jours, affichant l'air narquois et scabreux qui lui donne ce panache inimitable, doublé de cet inestimable sourire capable d'inonder le sépulcre aride des promesses reniées et les tombeaux désséchés des seigneurs hypocrites.
Sans l'ombre d'une hésitation, j'abandonne la sinistre nécropole, je franchis à nouveau le seuil de ses jardins, ce refuge qui refuse la déliquescence des structures friables s'autoproclamant éternelles, ces lieux métalinguistiques qui s'enrichissent à tout instant de nouvelles essences insaisissables et intemporelles, source intarissable, carrefour des enchevêtrements imaginaires autant archaïques qu'actuels; j'y puise les éléments d'un céleste caparaçon, armature onirique, sentinelle de mes échecs, et j'érige une structure luminescente qui déploie son originalité inutile à travers les glorieuses étamines aux interstices trop étroits de mes sensibilités, édifice aux solives solitaires cloîtrées dans l'infini, ancrées dans l'éphémère et l'insubstantiel, parées d'éthérées calcédoines aux mille reflets à la fois trompeurs et véridiques, et enfin je donne naissance à l'illusion salvatrice d'un aérien mégalithe, clef de voûte d'une nef estompant les turpitudes des ans.
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