mercredi 17 janvier 2018

Hiératiques mensonges

Aubes révolues et sanglantes aux espoirs diaphanes, où sont enfuis vos hiératiques mensonges? Ère de bolides fantomatiques dépassant des bornes imaginées sur les ruines implacables de mes songes, j'assiste en statue impuissante aux impatiences destructrices, emplâtré d'idéaux foisonnants aux sources de mes déchéances insensées sans cesse renouvelées par les eschatologies tyranniques de ceux qui n'osent encore pleinement réclamer leurs sinistres usures.

Qui êtes-vous pour me dévisager d'orbites creuses et de regards atermoyés par les ans impitoyables, arrachés aux vitalités cadavériques d'un monde qui exige d'eux ce qu'ils n'ont jamais voulu tout en devant le mériter? Toi, ô Soleil, haut perché sur ton trône, tu ne te soucies guère de nos dettes ni de ces noces imposées aux âmes errantes, taxées du berceau au linceul par le fleuve du temps et la sottise des hommes.

Tu ricanes et te moques de nos funestes espérances, les miennes et celles de tous ces potentats ballistiques, faisant ployer sous ta déferlante lumineuse nos oniriques prétentions, les irridiant sous l'oeil inchangeant de tes distantes semblables dispersées aux confins enténébrés de l'océan astral.

Ô sentinelles sidérales, tisserandes cosmiques aux reflets aussi éphémères que mes désirs ou mes espoirs, aussi pluriels que mes chagrins, n'êtes-vous là-haut jamais attendries de mes échecs, ou révoltées de mes peines? Et pourtant, je sais que rien ne sert de vouloir vous atteindre, car mon coeur brûle aussi sûrement que vous en votre lointaine demeure, et qu'enfin toutes nous périront dans le froid infini, dispersées par l'invisible septentrion de l'absence et de l'oubli tout-puissants.

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