mardi 21 mars 2017

L'or et l'écarlate

Les potentiels évanescents des ombres éternelles, glissant chaque instant furtivement d'une surface à l'autre, éperdus de leurs insensés rêves d'obscurités aussi profondes et planes que l'ont été mes vespérales insignifiances, ou encore eussé-je alors à cette époque crépusculaire osé dire espérances, leur octroyant un immérité relief, conjurant à l'aube de la nuit sans fin d'imaginaires horizons coextensifs à mon infinie chute hors du temps, ou bien plutôt, dussé-je dire, broyé par les irréels et inexorables engrenages de celui-ci, du haut de sa chaire épiscopale, les yeux révulsés, un rictus horrible - mais ô combien familier! - déformant la transparence opaque de son visage néantisé et néantisant... m'y fussé-je véritablement aventuré, au sein de ce passé désormais lointain et révolu, attesté par quelques vagues écrits, et ce, avant que les ténèbres ne se fussent dissoutes d'elles-mêmes dans les surgissements diaphanes de la temporalité morte et postspatiale qui guette le seuil innomable au nom de ceux qui n'ont jamais existé?

Mené par ces improbables guides dont je n'avais pas l'assentiment, non pas que je le voulusse d'aucune manière, par-delà ou en aval (qui saurait dire?) des bornes d'une renaissance aux limites confuses et tâtonnantes, les sonorités et les luminescences jadis syncrétiques, qui sans toutefois prétendre aux harmonies sublimes des goûts et des sensations protoceptives, et aujourd'hui risibles, se sont peu à peu détachées les unes des autres pour s'affranchir de leur unicité indistincte, prenant un essor inespéré et se séparant sans se soustraire seulement à leurs congénères encore bien trop proximaux, phalanstères confusément appréhendés dans l'histrionique débâcle de mes hypostases récurrentes.

Et là, soudain, surviennent l'or et l'écarlate, le doré chaleureux de l'astre diurne et le vif cinabre de mes veines gonflées, à l'orée de l'écartèlement de toutes les absences iridescentes: sèves et minéraux rugissent leur joie d'être éveillés, et de pourchasser à nouveau l'indispensable totalité épistémique et destructrice, se parachevant dans quelque futur impensable et inévitable, appréhendant sans peur le renouveau du cycle mortel, la chute qui conditionne l'élévation, et sur la cime des montagnes accueillir les abysses obscurs d'un printemps impérial drapé du porphyre solaire, souverain sous nos illusions, lui qui toujours renaît de ses propres fatalités enchanteresses et qui sème dans la naissance le germe rédempteur et truculent de la mort.

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